Les graveurs de Courbet

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Si l’on reconnaît à Honoré Daumier son talent de graveur, si les peintres Ingres, Delacroix et Chasseriau, contemporains de Courbet, se sont essayés à l’eau-forte, il semble que le Maître d’Ornans n’ait pas personnellement pratiqué ce medium.

Pourtant, les nombreuses illustrations que Courbet réalise pour les projets de ses amis écrivains comme Les essais poétiques (1839)  de Max Buchon ou Les amis de la nature (1859) de Champfleury montrent l’attachement de l’artiste au dessin et à sa reproduction par la gravure tout au long de sa carrière.

A partir du XIXe siècle, la gravure se développe considérablement grâce notamment à l’invention de la lithographie. À une époque où la photographie n’est pas encore découverte, elle devient un moyen de diffusion des œuvres très efficace et connaît un succès important grâce à l’engagement d’éditeurs et d’imprimeurs qui créent des Albums et publient des revues qui laissent une place privilégiée à la reproduction comme La gazette des beaux-arts, L’Art ou L’Artiste.

Les œuvres de Courbet, très commentées au Salon, ont donné lieu à de nombreuses reproductions gravées.  Celles-ci couvrent l’ensemble des thématiques développées par l’artiste : les nus, les paysages de la vallée de la Loue, les scènes de chasse, les autoportraits de l’artiste et les portraits, notamment ceux de ses partenaires de la vie de Bohème et bien sûr les œuvres emblématiques du peintre comme Une Après-dinée à Ornans ou Les Casseurs de pierre. Ces gravures, peu onéreuses, ont permis une diffusion élargie de l’œuvre de Courbet. Par ailleurs, la figure de Courbet devient le sujet de prédilection des nombreux caricaturistes de l’époque tels que Gill, Nadar ou Carjat dont les dessins sont reproduits dans la presse.

Ce patrimoine graphique de plus de 80 œuvres, gravures en taille douce, lithographies ou gravures de presse et d’édition, rarement montré, est issu des collections de l’Institut Gustave Courbet.

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À l’occasion de son ouverture, le musée a proposé l’exposition « Courbet-Clésinger, œuvres croisées » du 2 juillet au 3 octobre 2011.

Gustave Courbet, le peintre, et Jean-Baptiste Auguste Clésinger, le sculpteur, étaient amis et partageaient les mêmes goûts artistiques pour la nature et les femmes. Leurs œuvres mises en parallèle grâce à cette exposition révèleront ces sensibilités communes. C’est la première fois qu’une exposition est consacrée à Jean-Baptiste Auguste Clésinger. L’artiste, gendre de Georges Sand, fréquentant la Bohème parisienne, a pourtant marqué le XIXe siècle, créant la polémique, à l’instar de Courbet, par ses choix et audaces réalistes.

 

Parmi les œuvres majeures de l’exposition sur les 52 présentées (sculptures, peintures, dessins, documents d’archives), citons :

La femme piquée par un serpent, 1847, marbre, Clésinger, Musée d’Orsay, Paris

Portrait de femme, Courbet, Musée national d’art occidental, Tokyo, Japon

La dame aux roses, Clésinger, musée d’Orsay, Paris

Portrait de Marcello, Courbet, Musée des beaux-arts de Reims

Buste de Marcello, Clésinger, Fondation Marcello, Fribourg, Suisse

Andromède, 1869, marbre, Clésinger, Musée de Périgueux

La vigneronne de Montreux, Courbet, musée Cantonal des Beaux-Arts, Lausanne, Suisse

Nu couché, Courbet, Musée Mesdag, Amsterdam, Pays-Bas