Champfleury, Buchon et la question de la vérité

15h

Ferme Courbet à Flagey

Conférence

En 1875 Champfleury (1821-1889) écrit à Jules Dufay (1832-1913) afin qu’il lui renvoie les lettres qu’il avaitadressées à Max Buchon (1818-1869). L’intention est l’édition d’œuvres choisies posthumes de ce dernier, les
échanges épistolaires devant permettre pour Champfleury de faire apparaître et donner à voir « la vérité de deuxamis », de leurs relations. Que faut-il entendre par là et que serait une telle vérité reposant sur une biographie etune analyse des travaux de Buchon qu’entend faire Champfleury ? Quels portraits en creux des « deux amis » sedégagent-ils de la collation des lettres de Champfleury à Buchon ? De quelle vérité cette correspondance serait-ellele lieu alors même que le second en est le grand absent puisque ses courriers à Champfleury seraient « perdus » ?

Vérité, absence… au-delà de la correspondance, la question de la vérité introduit à des conceptions divergentes dece qu’elle est à l’œuvre chez les « deux amis ». L’un et l’autre se sont par exemple intéressés aux chansons ou auxpoésies populaires, en désaccord de fait sur ce que serait la vérité de l’art populaire ou du populaire. Champfleurys’efforce de faire collection. Max Buchon, en philosophe de la vérité, écrit : « L’art doit […] se démontrer par desœuvres, de même que le mouvement se prouve par la marche, et la lumière par le lever du soleil ». De son côté,dans une proximité, Gustave Courbet : « Les titres en aucun temps n’ont donné une idée juste des choses ; s’il enétait autrement, les œuvres seraient superflues ». La question de la vérité en peinture cette fois.

Par Noël BARBE,
Laboratoire d’anthropologie politique (EHESS-CNRS)
Directeur scientifique de l’ethnopôle Courbet.

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